Pensionnat Kageshiro


 
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 Raya's Shots

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Raya
Petite princesse du forum
Raya

Nombre de messages : 175
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Localisation : Dans tes crocs. <3
Emploi/loisirs : Dance, dance. <3
Humeur : Kyun! <3
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Fiche du personnage
Age: 17 ans et tout mes crocs.
Race: Loup Garou.
Chambre: n#3.

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MessageSujet: Raya's Shots   Raya's Shots Icon_minitimeLun 11 Avr - 12:18

Titre: Cœur de cristal <3
Rating: G
Genre: One Shot, Univers Alternatif. Hum que dire d'autre.
Credits: Naruto, by Masashi Kishimoto. <3
Voila un OS que j'ai ecrit pour un concours de Noel. Il se trouve que j'ai gagne. \o/ Voila dites ce que vous en pensez.



Il est de ces instants où l’on ne sait plus trop pourquoi on vit, où l’on a l’impression de faire partie d’un autre monde, où l’ennui semble nous écraser de tout son poids tant on se sent seul. Le front appuyé contre la vitre sombre et gelée de la fenêtre, Anko Mitarashi lorgnait les enfants qui sortaient du bâtiment sous la neige. Les plus jeunes piaillaient gaiement avec leurs parents tandis qui les plus âgés allaient en troupeaux d’amis vers de la ville où ils prendraient le bus pour chez eux.

Aussi loin que remontent ses souvenirs, la frêle et noiraude jeune fille avait toujours maudit ce jour de l’année, ce jour où l’internat régurgitait littéralement tous les pensionnaires pour se retrouver, le temps de deux semaines, dans l’état fantomatique de désert humain après le passage d’un ouragan de force 15. Ce fameux jour, gentiment appelé par le commun des mortels le jour des vacances de Noël.

Noël. Une sacrée arnaque commerciale, à son humble avis.

-Tu déprimes ?

Anko se retourna vivement sous le coup de la surprise et reconnut la tête d’épouvantail de son meilleur ami Kakashi. Il était arrivé juste quelques jours après elle. Son père l’avait déposé à l’internat un lundi matin et n’était jamais revenu le chercher. Anko, elle, avait été placée en ce lieu après l’accident de voiture ayant vu mourir ses deux parents. Ils s’étaient vite liés et avaient grandi ensemble comme des frères et sœurs.

-Comme tous les ans… maugréa-t-elle en guise de réponse.
-Et cette fois, on fait quoi ? demanda Kakashi.
-J’en sais trop rien.

Kakashi se hissa près de son amie dans le petit creux abritant la fenêtre.

-Tu vas aller acheter un cadeau à ton amoureux ! se moqua le garçon.

Elle le tapa à l’arrière du crane.

- Arrêtes ! Tu dis n’importe quoi ! se défendit-elle. C’est un prof ! Il a peut être 20 piges de plus que moi !

Il remettait cette histoire ! Elle n’avait pourtant fait que lui confier qu’elle le trouvait mignon, il avait alors tout de suite vu en cet aveux le motif de ses efforts pour mettre le bazar dans son cours, et donc de passer de longues heures de retenue en sa compagnie. C’était bizarre, certes, mais Kakashi n’avais pas tord. Depuis les premières neiges de décembre et les premiers engouements précédant cette fête, l’idée de faire un cadeau de noël à son maitre lui trottait dans la tête. Cependant elle hésitait aux réels motifs de ce cadeau. Son air songeur ne fit qu’émoustiller Kakashi davantage.

-Je sais que tu l’aimes ! Ca se voit à ta tronche et à tes yeux quand tu le regardes en cours !
-Tu crois ?
-Oui je le crois. Et je suis prêt à parier que c’est réciproque !

C’était si inattendu que la jeune fille en resta muette pendant une durée qu’elle ne put déterminer. D’un seul coup elle finit par se ressaisir.

-C’est ridicule… Comme si un vieux daron comme lui pouvait s’intéresser a une gamine de 14 ans…

Froidement, elle sortit du renfoncement et s’en alla d’un pas rapide, poings serrés. Il avait raison. Elle ne pouvait pas continuer à se mentir à elle-même comme cela. Peu importe sa réaction, il fallait qu’elle lui offre quelque chose. Mais pas n’importe quoi. Quelque chose de bien. Mais quoi ? Quelque chose… Quelque chose…

-Quelque chose ne va pas, Anko ?

Elle s’arrêta. C’était lui, bien sûr. L’objet de ses interrogations se tenait dans le couloir, deux livres aux bras, un air voulu bienveillant sur le visage.

-Tout va bien, M. Orochimaru. Merci.
-Tant mieux alors, dit il en passant son chemin.

Oui, quelque chose. Il le fallait. Amoureuse ou pas, elle irait le lendemain en ville farfouiller des idées, quitte à affronter la foule amassée comme un tas de fourmis grouillantes dans la rue commerçante.

M. Orochimaru était un homme d’une trentaine d’années sûrement, aux cheveux longs et au regard dur. Il avait des petits yeux aux pupilles rétractées, une peau pale comme la mort et était plutôt mince. De plus, il était particulièrement strict dans son enseignement. De quoi repousser n’importe quel élève, mais pas Anko. Ce genre de prof, elle pouvait s’en faire trois tous les matins au petit déjeuner. Elle les trouvait incroyablement amusants et ne pouvait s’empêcher d’entrer dans un état de sauvagerie et de rébellion totale quand elle avait cours avec eux. Autant dire que quand il s’agissait de nettoyer les salles en compagnie de M. Orochimaru, ça l’arrangeait, ce qui l’encourageait à ne pas abandonner son statut de furie de l’école.

oOoOoOoOoOo

Le lendemain, Anko se leva tôt avec la ferme intention de dépenser ses maigres économies dans quelque chose d’utile. Dès son réveil, elle prit une douche bien chaude et enfila un collant, un short épais et une vieille polaire décolorée par le temps qui demeurait toujours trop grande. Quand elle arriva au réfectoire, elle ne fut pas surprise de voir s’affairer les deux dames de service permanentes, disposant fruits, pain, lait et autres victuailles pour le petit déjeuner. La jeune fille, qui n’avait jamais été vraiment bavarde, préféra les aider à finir leur travail avant d’engloutir un bol de cornflakes bien rempli.

2o minutes plus tard, Anko était déjà en ville. Il n’était que 9 heures, et pourtant le quartier des commerces bourdonnait comme une ruche, du fait des fêtes de fin d’année à l’approche. Les magasins étaient si illuminés et animés de l’intérieur que les vitrines semblaient vibrer, comme portées à ébullition par l’enthousiasme des clients. Derrière ces vitrines gesticulaient par vingtaines poupées, oursons, sapins en carton et lutins grotesques, aux visages disproportionnés tordus en des sourires niais, le tout résonnant de chants de noëls interprétés par les voix criardes d’enfants roses et joufflus. Un régal.

Perdue dans tout ce souk, la pauvre Anko avançait, ses mitaines fourrées dans les poches de son long manteau, ses increvables bottines de cuir heurtant le sol de leurs semelles épaisses, son regard vagabondant de boutique en boutique. Rien de toute cette profusion de marchandises proposées ne lui convenait. Elle ne pouvait pas se permettre d’offrir à un adulte tel que son enseignant n’importe quoi. Elle voulait un petit objet simple pas trop cher, mais qui vienne du cœur, et pour l’instant, elle n’avait aucune idée de ce qui pourrait rentrer dans ces trois critères.

Tenace, elle n’abandonna pas, et continua à se laisser porter par la foule de gens grandissante, telle une armée de sauterelles dans un champ de sorgho.

Soudain, elle se retrouva jetée contre une vitrine différente des autres. Elle éblouissait son regard, tel que ses yeux se mirent à cligner comme les ailes d’un papillon tout juste éclos, brillant de mille feux sous les regards admiratifs des passants qui flânaient dans la rue. Anko finit par comprendre qu’elle était remplie d’une multitude de petits objets taillés dans un cristal pur et rayonnant. Et au milieu de tous ses joyaux, la perle rare.

C’était une simple petite note de musique, une croche, de dix centimètres maximum, jolie, éclatante, inspirant une douce sensation de chaleur dans le cœur de la jeune orpheline transie par le froid, qui était disposée sur un petit socle brodé de velours rouge tout mignon. Une véritable œuvre d’art, pensa-t-elle. C’était parfait. Simple, joli, émouvant… mais cher. Il y avait des zéros. Plusieurs zéros. Les doigts discrètement croisés dans ses poches, elle déglutit et compta. 1… 2… 3… 4… C’était écrit noir sur blanc. 90 000 ryô. Toutes taxes comprises, sans réduction possible. Rien que ça. Intriguée, elle poussa néanmoins la porte de la mystérieuse échoppe.

Tout en son intérieur scintillait, resplendissait, émerveillait, donnant aux visiteurs l’illusion de se retrouver déambulant dans un palais de diamant. Rien à voir avec les affreux lutins dans les vitrines des autres magasins. Hoou qu’ils étaient vilains, ceux-là. Non, c’était une toute autre forme de beauté. « La beauté réservée aux riches », comme disait sa vieille surveillante de couloir, Koharu. Anko chercha du regard le propriétaire de la boutique et vit un vieillard barbu aux allures de père Noël occupé à tailler un prisme de cristal. Elle se racla la gorge et lui adressa timidement la parole.

-Heu…Bonjour…

Le vieillard leva la tête et sourit en la saluant à son tour.

-C’est vous qui fabriquez tout ca ? demanda-t-elle en pointant de doigt l’ensemble des étalages disposés les longs des murs.
-Oui ! Tout est de moi ! Fait main, répondit-il fièrement. Chaque pièce est unique. Quelque chose t’intéresse ?
-Oui… La note de musique dans la vitrine.
-Ah ! Excellent choix. C’est une de mes créations préférées.

Anko marmonna en guise de réponse et ressortit après avoir jeté un au revoir vague, ne manquant pas de bousculer quelques clients au passage. Elle se repositionna face à la vitrine, se laissa aller à la rêverie quelques instants et soupira. Pour acheter cette petite figurine il lui faudrait de l’argent. Et pour gagner de l’argent il lui faudrait travailler.

oOoOoOoOo

Tout le dimanche durant, Kakashi et Anko collèrent dans la ville des petits papiers où elle proposait ses services en tant que jardinière, promeneuse de chiens, baby-sitter et faiseuse de courses. Anko disposait déjà de 1 890 ryô d’économies, et après plus d’une heure de lutte acharnée, elle avait accepté que son ami lui prête ses modestes 1 100 ryô, eux aussi grattés du fond de sa tirelire. Elle avait laissé sur les affichettes le numéro du portable qu’ils se partageaient depuis que Mme Tsunade, prof de français à son actif, avait cédé à leurs supplications de leur donner son ancien. Comme disait le garçon : « Entre meilleurs amis, on partage tout. ». Jamais Anko n’avait constaté à ce point la véridicité de cette devise.

Après cette journée, elle décida d’errer dans les couloirs de l’école, à la recherche d’un peu de sérénité. Au détour d’un étage, elle entendit un très bel air de piano qui résonnait dans les couloirs. Il provenait sans aucun doute possible de la salle de M. Orochimaru. Intriguée par la splendeur du morceau, elle ne put s’empêcher d’en suivre la provenance, comme envoûtée par une force surnaturelle. Tremblante, elle passa la tête par l’embrasure de la porte de la salle de musique. Le professeur était assis devant son piano, dans un état de semi-transe, alors que ses doigts virevoltaient le long du clavier.

La brune remarqua qu’un harmonica neuf dormait sur une des tables du premier rang, celle qui était la plus proche d’elle. La tentation était forte, trop forte. En plus de ça, elle commit l’erreur de calculer tout l’argent que ce petit bijou pouvait lui rapporter. Et M. Orochimaru semblait beaucoup trop absorbé pour remarquer quoi que ce soit de ce qui se passait autour de lui.

Avant même d’avoir eu le temps de penser tout ça, Anko s’était déjà avancée à pas de loup, la main tendue vers l’objet, prête à s’éclipser furtivement une fois l’harmonica en sa possession. Mais au moment même où ses doigts heurtèrent le métal…

-Il t’intéresse tant que ça, cet harmonica ?

Zut. La main dans le sac. La souricette ne put s’empêcher de rougir fortement en se retrouvant face au serpent, qui lui souriait de toutes se dents acérées, prêt à envoyer le venin.

-Je suppose que tu n’a rien à dire pour ta défense.
-Non, grommela-t-elle en secouant la tête.

Un court instant s’écoula, paraissant bien long pour Anko, qui se sentit profondément submergée par ce poison si doux et piquant à la fois qu’on appelle l’amour. La folie gagna son cerveau, prenant le contrôle de son corps entier ravagé de frissons.

-C’était très beau… articula-t-elle bêtement en orientant son regard vers le piano.

S’il restait ne serais-ce qu’une étincelle de raison en elle, alors cette étincelle était en train de la maudire de toute sa haine pour l’imbécilité de ses propos. Le maitre de musique eut un rire sinistre comme il en avait le secret.

-Content que ça te plaise. C’est du Mozart.
- Cool, dit-elle platement.
-Tu peux essayer d’en jouer, si tu veux, reprit-il en montrant l’harmonica de l’index.

D’abord hésitante, Anko s’en saisit avec précaution. Elle commença par l’examiner sous toutes les coutures en le tournant et retournant dans ses doigts, puis le porta doucement à ses lèvres.

-Vas-y ! encouragea M. Orochimaru d’une voix qu’il n’employait jamais devant les autres élèves, comme elle l’avait remarqué.

Elle souffla. Un son plutôt joli s’en échappa. Elle décala l’harmonica de quelques centimètres. Un son plus aigu retentit. Puis, tout en soufflant continuellement, elle bougea l’instrument de gauche à droite, et de jolies gammes résonnèrent. C’était très amusant, elle devait l’avouer.

-Ca te plait ?

Sa timidité avait fondu comme un glaçon quand elle avait joué ces quelques notes, aussi répondit-elle avec enthousiasme.

-Oui ! C’est génial !
-Alors repose ça, déguerpis et que je ne t’y reprenne plus !!! aboya-t-il.

Anko, prise par surprise et largement effrayée, ne manqua pas de s’enfuir bien vite. D’un autre coté, elle l’avait bien mérité.

oOoOoOoOo

Noël : J-9
Le lundi, Anko ne reçut aucun appel. Elle passa donc sa journée à passer et à repasser devant la vitrine à la note de musique. Mais elle ne perdit pas espoir. Tout ne pouvait pas marcher tout de suite comme elle le voulait, il faudrait qu’elle attende un peu.

Noël : J-8
Le second jour, toujours rien non plus. Chaque minute qui passait la faisait pâlir un peu plus. Heureusement, Kakashi était là pour la soutenir et l’épauler. Au moment de se coucher, Anko dut se rendre à l’évidence : personne ne l’avait appelée aujourd’hui non plus. Trop stressée, elle ne put dormir que quelques heures, et passa le reste du temps à compter les secondes qui la séparaient du réveillon.

Noël : J-7
Mercredi enfin, on l’appela. Une dame voulait bien lui donner 700 ryô si elle repassait sa pile de linge pour qu’elle ait le temps de faire ses achats de Noël. La jeune fille finit sa journée satisfaite, et le courage anima de nouveau son cœur.

Noël : J-6
Jeudi, Anko eut une seconde cliente. Cette fois, elle dut s’occuper de ses deux chats et de son chien, tondre sa pelouse et garder en même temps sa fille de 6 ans. Ce fut une des journées les plus épuisantes de sa misérable existence. Heureusement, elle fut généreusement payée de 5000 ryô pour le total. Elle dormit à poings fermés, assommée par la fatigue.

Noël : J-5
Vendredi, au grand désespoir d’Anko, de nouveau rien. Kakashi l’encouragea à ne pas baisser les bras, ce qui lui donna la force de retourner en ville contempler la fameuse figurine de cristal.

Noël : J-4
C’était la panique à bord. Samedi était pourtant un jour propice aux clients, et Anko n’avait pas reçu la moindre sollicitation. De quoi présager le pire pour les jours suivants. Même Kakashi commença sérieusement à s’inquiéter pour son amie, et ne savait plus quoi dire pour la réconforter. Elle avait la mine grise, éteinte, et le soir, alors qu’elle étudiait un peu dans la vaine tentative de se changer les idées, une goutte d’un liquide transparent et salé vint s’écraser sur son livre. Pour la première fois depuis plusieurs années, Anko pleurait.

Noël : J-3
Le lendemain, Anko eut un client, un seul, et pour une tache si peu payée que cela ne l’avança à rien. Une promenade de vieux caniche galeux qui lui rapporta 600 ryô. Rien de très fructueux. Elle était si désespérée qu’elle ne voulut adresser la parole à personne de la journée, hormis Kakashi. Et encore. Ses conversations avec lui se limitaient à « Hn », « Ouais », « Nan » et « Tais-toi ».

Noël : J-2
Kakashi eut une idée de génie. Ainsi, pour récolter un peu d’argent, les deux enfants se vêtirent de leurs vêtements les plus usés et s’installèrent simplement par terre dans la rue, avec un gobelet marqué de l’inscription « Pour manger s’il vous plait », grelottants de froid blottis l’un contre l’autre et arborant leurs yeux les plus mignons. Quelques passants, pris de pitié, leur donnèrent une ou deux pièces. Rapidement, leurs nez devinrent rouges, leurs doigts bleus, et ils surent qu’il était temps pour eux de rentrer, malgré leur butin, trop maigre pour combler le trou entre la somme que possédait Anko et celle qu’il lui fallait.

Noël : J-1
Le jour du réveillon arrive enfin. Allongée dans son lit, Anko se demanda si se lever valait vraiment le coup, s’il ne valait pas mieux prétexter une maladie et rester enfermée dans sa chambre jusqu’au lendemain soir. Dans sa tête, elle revoyait tous les moments passés avec son prof de musique. Ce jour là, ils avaient le goût le plus amer qui soit. Alors que la scène de l’harmonica défilait sous se yeux, un éclair traversa son esprit. La solution était là, toute prête, sous son nez. Seulement, allait-elle avoir l’audace de la saisir ? Allait-elle vraiment avoir le cran de voler pour ses propres intérêts ? Le peu de morale qu’il restait à son âme corrompue par l’amour s’évanouit bien vite. Oui, bien sûr qu’elle le pouvait ! Elle l’avait déjà fait et n’hésiterait certainement pas à le refaire dans un moment pareil.

Elle décida d’attendre la tombée de la nuit pour agir. Voler directement dans le magasin, ce n’était pas très malin et c’était risqué. Elle préféra profiter de l’émerveillement des passants devant les illuminations de Noël pour dérober un porte monnaie ou deux. Tout le monde à l’internat fut surpris de son changement brutal de comportement, Kakashi en premier.

- Dis-moi ! Qu’est-ce qui te rend si heureuse ? Tu as acheté le cadeau, c’est ça ?
- Non, lança-t-elle avec amusement.
-Alors quoi, tu as trouvé une autre idée ?

Elle répondit exactement la même chose, avec un sourire encore plus étendu.

-Tu as trouvé assez d’argent pour l’acheter ?
-Pas encore, mais ça va venir, rit-elle.
-Alors, comment tu vas t’y prendre ? Dis mwaaaaaaaa ! se plaignit Kakashi, au bord de la crise de curiosité.
-Non !

Elle lui tira la langue. Elle lui avait toujours dit tous ses moindres secrets, un peu de suspense ne pouvait pas le tuer, si ? En fait, elle se taisait surtout parce qu’elle savait pertinemment que s’il apprenait comment elle comptait se procurer l’argent, il mettrait tout en œuvre pour l’arrêter. Ils étaient pareils en beaucoup de choses, mais leurs rapports à la légalité étaient diamétralement opposés.

Après une longue journée à aider à droite et à gauche dans la préparation du réveillon, Anko partit à 17 heures pour la ville. Son destin se mettait déjà en marche. Dans la promiscuité oppressante des rues, tous étaient littéralement absorbés par les décorations aériennes. De part et d’autres de l’avenue principale, les arbres étaient truffés de guirlandes lumineuses qui leur donnaient un air féérique pas déplaisant du tout. Au dessus du macadam semblait pleuvoir des nuées d’étoiles allumées par la magie de l’électricité. Enfin, à chaque lampadaire était accrochée une énorme tête de père noël riant lumineuse, si amusante qu’elle en devenait vraiment adorable.

Cela ne détourna pas Anko de son objectif : elle choisit un monsieur avec sa famille, occupé à montrer les illuminations à ses enfants, dont la grosse poche de manteau était grande ouverte. Elle passa tout près de lui, glissa sa main dans la poche et… bingo ! Un porte-monnaie. Hors de vue, elle courut se réfugier dans un coin tranquille pour découvrir le contenu de la petite pochette en cuir. La chance était avec elle. Il contenait une importante somme d’argent liquide. Elle s’excusa encore une fois au monsieur dans sa tête et courut à la boutique de cristaux, le sourire aux lèvres. Enfin ! Elle avait attendu ce jour si longtemps ! Elle se voyait déjà, remettant la boite à son enseignant, souriante malgré le rouge sur ses joues.

Mais quand elle arriva devant la vitrine, son cœur fit un bond dans sa poitrine.

La note de musique n’était plus là.

En contenant son émotion, elle entra dans le magasin. Le vendeur l’avait sûrement juste déplacée, ça ne pouvait être que ça. Mais au fond elle le savait bien. Ses mains tremblaient. Elle demanda au vendeur où était la note. Oui, elle le savait. Elle l’avait toujours su.

-Désolé, ma pauvre enfant… Je l’ai vendue ce matin.
-Bon… pas grave.

Elle l’avait toujours su. Sa vie avait toujours été ainsi, une suite d’évènements calamiteux sous le signe de la malchance et de la tristesse. Seulement voilà, elle en avait assez de dire à chaque fois que ce n’était pas grave. Elle le savait. Elle savait qu’un jour elle finirait par craquer. Et elle savait que ce serait ce jour là.

Toute la tristesse accumulée durant ces quatorze ans de vie éclata. Elle courut très loin. Elle n’entendait plus rien, pas même ses sanglots qui résonnaient dans les rues trop fréquentées de la ville, ricochant sur les vitrines, pour se perdre dans le néant.

Ce fut une heure et demi plus tard qu’Anko repassa le portail de l’internat, les yeux rouges, les joues humides, les cheveux emmêlés et les chaussures abîmées. Quand il la revit, Kakashi comprit, ne lui posa pas de question et la serra tendrement dans ses bras.

-Je le savais, Kakashi… Je l’ai toujours su, murmura-t-elle, la voix encore tremblante.
-Je sais, ça va aller. Je suis là.

oOoOoOoOo

Le traditionnel dîner du réveillon arriva, comme tous les ans, et Anko et Kakashi étaient assis de par et d’autre de la dinde, comme tous les ans. Comme tous les ans, Kakashi piaillait avec les autres, tandis qu’Anko restait silencieuse, la tête baissée vers son assiette. Comme tous les ans, vint le traditionnel échange des cadeaux, juste après la non moins traditionnelle bûche au chocolat de Noël. Comme tous les ans, Anko et Kakashi n’eurent rien à offrir. Comme tous les ans, ils reçurent pleins de petits cadeaux de la part de tous leurs professeurs et surveillants. Comme tous les ans, Kakashi déchirait sauvagement tous les cadeaux en même temps ou presque, tandis qu’Anko les déballait doucement, un par un, remerciant les bienfaiteurs chacun à leur tour, en souriant poliment.

Cette année là, en revanche, Anko ouvrit le cadeau de M. Orochimaru en dernier. Il s’agissait d’un magnifique harmonica flambant neuf. La jeune fille en eut les larmes aux yeux en le remerciant.

-Et attends un peu, ajouta le professeur. J’ai un autre cadeau pour toi.

Intriguée, Anko ouvrit le papier cadeau de forme carrée et découvrit une petite boîte brodée de velours rouge, toute mignonne. Les doigts tremblants, elle ouvrit le boitier. Dedans reposait une petite figurine de cristal, de dix centimètres maximum, jolie, éclatante.

Une simple petite note de musique en cristal.


The End. =O
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MessageSujet: Re: Raya's Shots   Raya's Shots Icon_minitimeMar 26 Avr - 10:50

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